Le calculateur, tout de suite
Vous voulez savoir si la ligne gazole de votre facture de transport est juste, le voici, sur Excel. Sept onglets. Un calculateur pour une facture. Un registre de toutes vos factures de transport, où la surcharge due selon la méthode du CNR, l’écart et le statut se calculent seuls. La fiche de chaque transporteur, avec la référence de son contrat. Les indices officiels du CNR de janvier 2025 à septembre 2026, et les pondérations par année. Et un mode d’emploi d’une page.
Voici l’onglet qui répond à la question en une minute.
Il est à vous, sans condition. La suite explique ce que la loi impose, comment se calcule l’indexation gazole, quel indice et quelle pondération retenir, et pourquoi la plupart des lignes gazole ne se vérifient pas faute d’une seule date.
Lundi, 12,7 % sur la facture de septembre
Un négoce de matériaux, vingt-cinq salariés. La comptable ouvre la facture de septembre du transporteur longue distance : 4 800 euros de transport, et une ligne « indexation gazole 12,7 % », 610 euros. L’an dernier à la même époque, la ligne était à peu près nulle. Elle transmet au dirigeant, qui pose la seule question qui compte : est-ce que c’est juste ?
Personne ne sait répondre. Le tarif a été négocié en mars 2025 par l’acheteur, par mail. Le mail existe, quelque part dans sa boîte. Personne n’a noté la date du prix, ni l’indice du mois, ni la part du gazole convenue, parce qu’à l’époque la ligne gazole ne pesait presque rien.
Le dirigeant pense d’abord à refuser la hausse. C’est la seule chose à ne pas faire : la révision gazole est due de plein droit. Ce qu’il peut faire, c’est vérifier le calcul. Et pour cela, il lui faut une date que seul l’acheteur avait en tête.
Ce que dit la loi : la révision est automatique
Le cadre tient dans deux articles du Code des transports. Quand le contrat mentionne les charges de carburant, le prix initialement convenu est révisé de plein droit selon leur variation, entre la date du contrat et celle du transport (article L3222-1). Quand le contrat ne dit rien, la révision s’applique quand même, sur la base des prix et des indices publiés par le Comité national routier, le CNR (article L3222-2).
Quatre conséquences pour vous, le client du transporteur :
- Pas besoin de clause. Contrat écrit ou non, clause ou non, la révision s’applique. Le CNR le résume dans son mode d’emploi : contrat ou non, la loi impose aux deux parties la révision.
- Pas de dérogation. Ces règles sont d’ordre public (article L3222-9). Une clause qui écarterait la révision ne vous protège pas.
- Pas de refus. Le client qui ne respecte pas ces obligations encourt une amende de 15 000 euros (article L3242-3). La même règle s’applique quand vous passez par un commissionnaire de transport (article L1432-11).
- Un droit à la transparence. La facture doit faire apparaître les charges de carburant supportées par le transporteur (article L3222-1). Une ligne gazole sans base de calcul est une ligne que vous pouvez faire détailler.
Le contrat type général, celui qui s’applique quand rien d’autre n’a été signé, renvoie d’ailleurs expressément à ces deux articles pour les charges de carburant (annexe II du Code des transports, article 18.1).
La formule de l’indexation gazole, pas à pas
La loi décrit le principe en mots. C’est le CNR qui écrit la formule, dans son mode d’emploi et son simulateur : la variation de l’indice, multipliée par la part du gazole dans le prix. Appliquée à une facture, cela donne :
Surcharge gazole = prix convenu × part du gazole × (indice du mois du transport ÷ indice du mois du prix convenu − 1)
Trois chiffres, donc. Deux se lisent sur le site du CNR, gratuitement. Le troisième, le mois où le prix a été convenu, n’est écrit que chez vous, ou chez le transporteur. C’est lui qui fixe l’indice de départ, et c’est lui qui manque presque toujours.
Quel indice CNR et quelle pondération retenir
Le CNR publie chaque mois deux indices gazole, en base 100 en décembre 2000. Le bon dépend des véhicules du transporteur. Voici leur valeur de septembre 2026.
| Ses véhicules | L’indice à retenir | Valeur |
|---|---|---|
| 7,5 tonnes et plus | Gazole professionnel | 282,12 |
| Moins de 7,5 tonnes | Gazole professionnel moins de 7,5 tonnes | 283,36 |
Le premier intègre le remboursement partiel d’accise auquel les poids lourds ont droit, le second non. L’ancien indice gazole hors TVA, encore cité dans beaucoup de contrats, a été remplacé par le second le 29 janvier 2026. Et depuis mars 2026, le CNR publie aussi des indices par quinzaine, mais il précise que les indices mensuels restent les indices de référence.
La pondération, elle, est la part du gazole dans le prix de revient du transporteur. Si le contrat en fixe une, c’est elle. Sinon, c’est celle du CNR, pour l’année où le prix a été convenu.
| Profil de transport | Prix convenu en 2025 | Prix convenu en 2026 |
|---|---|---|
| Longue distance, ensemble articulé | 22,1 % | 20,9 % |
| Régional, ensemble articulé | 20,4 % | 19,2 % |
| Régional, porteur | 16,9 % | 16,3 % |
Un tarif convenu en mars 2025 garde la pondération de 2025, même facturé en 2026. C’est une règle du mode d’emploi du CNR : la pondération retenue est toujours celle de l’année de la remise du prix.
En mission, les contrats avec les transporteurs locaux écrivaient le prix du carburant de référence noir sur blanc, avec la date du relevé. Quand le prix à la pompe doublait, et il doublait parfois en quelques semaines, personne ne discutait de la hausse elle-même. On discutait du point de départ. Et ceux qui ne l’avaient pas écrit ne pouvaient rien vérifier.
Les cinq erreurs qui faussent une ligne gazole
Une ligne gazole au-dessus du calcul n’est pas forcément une faute. Le contrat peut fixer sa propre part du gazole. Mais quand l’écart est là et que personne ne sait l’expliquer, c’est presque toujours l’une de ces cinq causes.
| L’erreur | Ce qu’elle fait | Comment la voir |
|---|---|---|
| La mauvaise date de départ | L’indice de référence pris au mois de la facture précédente, ou à une date ronde, au lieu du mois du prix convenu | Demander au transporteur son indice de référence, et le comparer à celui du mois du prix |
| La part gazole d’une autre année | Une part du gazole d’avant 2024, plus haute, sur un prix convenu en 2025 ou 2026 | Comparer à la pondération CNR de l’année du prix |
| Le mauvais indice | L’indice moins de 7,5 tonnes sur des poids lourds, ou l’ancien indice hors TVA | Vérifier quels véhicules font vos transports |
| Une base trop large | La hausse appliquée à des lignes qui ne sont pas du transport, ou à un prix déjà révisé | Vérifier que la base est le prix convenu hors gazole |
| Le mauvais mois | L’indice du mois de la facture au lieu de celui du transport | Vérifier le mois de réalisation sur la lettre de voiture |
Reprenez la scène d’ouverture. Prix convenu en mars 2025, indice 186,93. Transport en septembre 2026, indice 282,12. Variation : 50,92 %. Avec la pondération longue distance de 2025, 22,1 %, la hausse due est de 11,25 %, soit 540,19 euros sur 4 800 euros. La facture dit 12,7 %, 610 euros. Le transporteur applique une part du gazole de 25 %. C’est peut-être écrit dans le mail de mars 2025. Ou c’est une pondération que personne n’a jamais discutée. Dans les deux cas, la réponse était dans une boîte mail.
Ce que coûte une ligne gazole qu’on ne vérifie pas
Le premier coût est la hausse elle-même, et elle n’a rien d’anecdotique en 2026. Le prix du gazole hors taxes relevé par le ministère de la Transition écologique est passé de 74,26 centimes le litre début octobre 2025 à 133,27 centimes début octobre 2026, soit 79,5 % de plus. Le CNR mesure une hausse de 54 % de son indice gazole professionnel entre septembre 2025 et septembre 2026, et de 13,2 % du coût complet d’un transport longue distance.
Avec une part du gazole autour de 20 %, chaque hausse de 50 % de l’indice ajoute environ 10 % à votre facture de transport. Une PME qui confie 20 000 euros de transport par mois en longue distance paie de l’ordre de 2 000 euros de gazole en plus chaque mois. C’est dû. Mais sur ce volume, un point de pondération en trop coûte une centaine d’euros par mois. Un mois de départ décalé d’un seul cran, décembre 2025 au lieu de janvier 2026, en coûte plus de deux cents. Et personne ne le voit.
Le second coût ne se voit jamais : le temps passé à reconstituer. Retrouver le mail du tarif, le devis signé, la personne qui a négocié, relire les conditions du contrat, puis refaire le calcul à la main, transporteur par transporteur, chaque mois. Voici ce que montre le kit sur ses sept factures d’exemple. Les transporteurs et les montants sont fictifs, les indices sont ceux du CNR.
| Ce que montre la synthèse du kit | Résultat |
|---|---|
| Factures de transport au registre | 7 |
| Conformes au calcul du CNR | 3 |
| Au-dessus du calcul, détail à demander | 2, pour 141,22 euros |
| Référence de contrat introuvable | 1 transporteur |
| Indice du mois pas encore publié | 1 facture |
Faites le test avec vos propres transporteurs. Pour chacun, savez-vous à quelle date le prix a été convenu, et où c’est écrit ? Chaque date qui manque est une ligne gazole que vous payez sans pouvoir la vérifier.
Les trois gestes que le calculateur installe
- Écrire la référence une fois pour toutes. Pour chaque transporteur, la date du prix convenu, l’indice retenu, le profil de transport, la part du gazole si le contrat la fixe, et l’endroit où c’est écrit. Rangez-la à côté de l’échéance du contrat, dans votre tableau de suivi des contrats fournisseurs. À chaque renégociation du tarif, la date change, et l’indice de départ avec elle.
- Ajouter l’indice du mois, chaque mois. Le CNR publie l’indice mensuel l’avant-dernier jour du mois. Une ligne dans l’onglet des indices, deux minutes. Je reprends chaque relevé, avec les indices depuis janvier 2025, sur la page de l’indice CNR gazole professionnel.
- Vérifier chaque facture à réception. Le prix convenu hors gazole, la surcharge facturée, le mois du transport. Le statut dit si la ligne correspond au calcul. C’est le même geste que le rapprochement d’une facture avec la commande et la livraison, appliqué à la seule ligne qui change chaque mois. Le mois du transport se lit sur la lettre de voiture.
Quand une ligne est au-dessus du calcul, ne refusez pas la facture. Écrivez au transporteur avec votre calcul et demandez-lui le sien : son indice de référence et sa pondération. La clause d’indexation de votre prochain contrat, elle, peut écrire ces trois chiffres noir sur blanc, et la question ne se posera plus.
Là où le modèle s’arrête, et où le travail commence
Soyons francs. Ce classeur calcule ce que vous y saisissez. Il ne lit ni vos contrats ni vos factures, il ne retrouve pas le mail de l’acheteur parti, et il ne relance personne. Il tient tant qu’une personne le fait vivre, y compris le mois où la ligne gazole double et où tout le monde a autre chose à faire.
Quand les transporteurs se comptent par dizaines et les factures par centaines, la réponse n’est pas un logiciel de plus. Un agent posé sur vos outils lit chaque facture de transport à son arrivée, retrouve la référence du contrat, relève l’indice du mois, refait le calcul, et prépare la question au transporteur quand l’écart dépasse l’arrondi. Vos équipes gardent la décision, elles arrêtent de reconstituer. C’est le métier de Kovirex, agence IA pour la logistique des PME, et la façon dont je l’installe est sur la page offre.
Pour vos factures de transport, le calculateur est à vous. Ouvrez-le avec votre dernière facture, et commencez par l’onglet Transporteurs. C’est en cherchant la date du prix convenu que l’on découvre, le plus souvent, qu’elle n’est écrite nulle part.